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Photo de Ann Macintosh Netpolitique a interrogé

Ann MacIntosh, Professeur au Centre de Recherche de l’Université de Napier en Ecosse à propos de l'e-pétition parlementaire

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Les députés français et Internet :
Etat des lieux et perspectives.

Analyse des résultats

I / Internet, désormais intégré dans l'univers de travail des députés

II / Pour les députés, Internet n’est pas encore un outil de communication

III / Législatives de 2002 : horizon inconnu

III / Législatives de 2002 : horizon inconnu ?

Perspectives de création de site et échéances législative de 2002

Alors que les premières questions posées aux députés portaient sur l’utilisation d’Internet dans le contexte de leur mandature, les dernières questions portèrent en revanche sur les perspectives d’utilisation d’Internet dans le contexte électoral, et plus précisément en vue des élections législatives de 2002.

A la question de savoir s'ils comptent créer un nouveau site ou modifier un site existant dans la perspective de la campagne électorale, 29% des députés répondent négativement. Mais ils sont presque aussi nombreux (27%) à répondre par l'affirmative. Plus d'un tiers des députés restent cependant indécis sur l'opportunité de créer un site.

Le rôle d'Internet dans les élections législatives de 2002

Lorsqu' on interroge les députés sur le rôle que pourra jouer Internet dans la campagne, les députés restent là encore très partagés : 40% d'entre eux jugent que le Net jouera un rôle important alors que 46% pensent que son rôle sera "peu important". Si l'on ajoute à ces derniers ceux qui considèrent que le rôle d'Internet ne sera pas important du tout, une majorité se forme pour laquelle l'échéance de 2002 ne sera pas encore la première net-campagne. Si l'on ajoute à ces réponses très partagées les 7% de sans avis, les chiffres semblent ainsi indiquer la persistance d'un large scepticisme à l'égard du rôle et des perspectives de développement d’Internet en campagne.



Comment interpréter ce large scepticisme qui prédomine chez les députés ?

Nous avons vu dans la seconde partie les facteurs intrinsèques au médium (dimension financière, gestion technique et éditorial, enfin fossé culturel). Il peut être intéressant d'envisager maintenant les facteurs spécifiques au calendrier électoral de l'année 2002.

Du point de vue des candidats


1 / Les frais de campagne


La charge financière relative à l’acquisition d’un site dans les frais de campagne électorale ne peut être sous-estimée. Rappelons que le code électoral prévoit[1] un plafonnement des dépenses à hauteur de 250 000frs pour chaque candidat à l’élection législative.

Dès lors que l'on estime le coût de création d'un site de député entre 20 et 40 000frs, la charge budgétaire de celui-ci peut représenter entre 10 et 20% du budget global de la campagne.

On comprend qu'il s'agit là d'une somme très significative qui pourra facilement freiner les velléités de communication en ligne des députés sortants comme de leurs adversaires. Par ailleurs, le mode de création « artisanal » ou bénévole ne constitue pas une véritable alternative. La commission nationale des comptes de campagnes et du financement des partis politiques a en effet jugé qu'en tant qu'avantage en nature, la création bénévole d'un site web devait faire l'objet d'une inscription dans les comptes de campagne, au coût réel des prix du marché.

2 / Les incertitudes juridiques à l’égard de la législation électorale

En l’absence de cadre juridique adapté, (les dispositions du code électoral en matière de propagande électorale ne font pas état de l’utilisation d’Internet) le flou le plus complet persiste au sujet de l’utilisation qui peut être faite d’Internet en tant que support de communication électorale.

La campagne des municipales 2001 a permis de prendre conscience de l’ampleur des problèmes juridiques posés par l’inadaptation du code électoral à la nouvelle donne de la communication en ligne. La fermeture précipitée d’un grand nombre de sites de candidats dans la dernière ligne droite du scrutin a montré qu’en la matière le principe de précaution prévalait toujours !

En 2002, en l’absence de nouvelle législation, l'incertitude juridique persistera probablement. Cette situation risque de freiner les ardeurs de certains.

Le caractère particulier de cette élection par rapport au calendrier électoral de l'année 2002

Les raisons de la perplexité des députés sur le rôle d’Internet dans la campagne législative de 2002 peuvent être à rechercher dans des facteurs extérieurs au support.

Le caractère spécifique de l’année électorale 2002, où vont se jouer, à échéance rapprochée deux élections cruciales dans l’organisation institutionnelle du pays, contribue à renforcer cette incertitude.

Au moment de l'enquête, le débat sur le rétablissement du calendrier électoral (l'élection présidentielle avant les élections législatives) n'avait pas encore trouvé d'issue. C'est chose faite désormais après l'adoption le 24 avril 2001 d'une proposition de loi organique modifiant la date d'expiration des pouvoirs de l'Assemblée nationale.

Bien que cette loi ait été adoptée en premiere lecture à l'Assemblée fin décembre 2000, l'incertitude pesait encore sur l'ordre des consultations électorales lors de l'enquête. Cette situation n'a pu être sans effet sur la manière d'appréhender l'échéance. La campagne électorale des législatives (et par là même le dispositif de campagne) ne peut en effet être envisagé de la même manière, selon qu'elle est placée avant l'élection présidentielle ou après.

Dès lors que le calendrier électoral est clarifié (la présidentielle avant les législatives), la configuration de l'échéance législative prend un tout autre sens. Sans gloser sur les conditions de celle-ci, tout porte à croire que le caractère central de l'élection présidentielle va en grande partie phagocyter la seconde échéance. La campagne des législatives n'en sera que plus courte. Dès lors qu'il s'agira de donner au Président nouvellement élu une majorité pour gouverner, la place des individus candidats sera bien moins importante.

Dans cette configuration, l'intérêt stratégique d'un site web de candidat risque d'apparaître bien moins évident. Face à la priorité d'élire une majorité présidentielle, la personnalisation de l'élection du député, et a fortiori, l'utilité d'un site web personnel, devient d'une importance toute relative.

Dès lors que la campagne législative sera très courte, le coût de création d'un site pourra apparaître disproportionné et son intérêt propre très limité.

Dans ces conditions, on comprend que les candidats soient très réservés sur l'utilisation qu'ils pourraient faire du médium, non pas tant en soi qu'en raison des conditions spécifiques du calendrier électoral 2002.

Conclusion

Au vu des résultats, les équipes parlementaires apparaissent très réservées sur l'usage du net en campagne. Doit-on en conclure que l'année électorale 2002 ne verra pas d'accentuation du rôle d'Internet dans les dispositifs de campagne ?

Plusieurs éléments concourent à pronostiquer le contraire :

Une seconde génération de site après la 1ère expérience des municipales 2001

Rappelons que le Net a d'ores et déjà fait son entrée dans la panoplie de communication des candidats au suffrage universel : avec près de 400 sites de candidats lors des élections municipales de mars 2001, le net a fait une entrée statistiquement significative dans l'arsenal des politiques. L'échéance de mars dernier aura permis pour certains de tirer les premiers enseignements de l'utilisation d'un site de campagne. On peut donc légitiment s'attendre à une nouvelle génération de site l'an prochain.

Un cadre électoral propice

Le cadre électoral de l'élection législative (une circonscription électorale de plus ou moins 100.000 personnes) se prête d'autant plus facilement à la communication en ligne, qu'il est nécessaire pour les candidats de toucher un large public.

Dimension concurrentielle et effet de mimétisme

Dans notre étude sur la campagne municipale en ligne, on avait pu observer que l'effet de concurrence avait été significatif : dans une ville sur quatre où l'on trouvait un site de candidat, celui-ci ne gardait jamais longtemps l'exclusivité de la présence en ligne et se voyait ensuite rejoint par ses concurrents. Dès lors qu'un candidat disposera d'un site, il semble en effet peu probable que ses concurrents directs lui laissent le monopole de la présence en ligne. Qu'il s'agisse de mimétisme, (se doter d'un site car mon adversaire en a un) ou d'effet de concurrence ( volonté de se battre à armes égales), la frontière est floue : en 2002 la dimension concurrentielle jouera probablement à plein.

Un gage de modernité, une volonté de transparence

Sans prendre partie, on constate qu'à l'heure actuelle, les représentations dominantes d'Internet tendent à faire de celui-ci le nouvel eldorado d'une démocratie directe retrouvée. Dans ces conditions, un candidat qui ne posséderait pas de site risquerait d'être suspecté quant à son attachement au débat public. L'existence d'un site constitue généralement un gage de modernité et marque la volonté de transparence et de participation au nouvel espace de débat public en ligne.


[1] .Article L52-11 (Loi n° 95-65 du 19 janvier 1995 art. 5 Journal Officiel du 21 janvier 1995)

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Sommaire de l'étude les députés et Internet

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