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I / Internet, désormais
intégré dans l'univers de travail des
députés
Qu'il s'agisse du raccordement au réseau, des
courriers électroniques reçus et des usages
qui peuvent en être fait les résultats
de l'enquête indiquent un processus accéléré
d'intégration d'Internet dans le répertoire
d'outils de travail des députés.
La connexion à Internet
Contre toute attente, les députés sont
largement en avance sur leurs concitoyens en matière
de raccordement au Réseau. 100% des répondants
à lenquête possèdent une connexion
à Internet dans le cadre de leur activité
parlementaire. Qu'il s'agisse de leur bureau à
l'Assemblée ou de leur permanence en circonscription
(voire même d'une connexion personnelle à
domicile) Internet semble désormais faire partie
de l'univers bureautique à l'instar du téléphone
ou du fax.
89% des répondants indiquent disposer d'une connexion
dans leur permanence parlementaire en circonscription,
70% sont reliés dans leur bureau de l'Assemblée
nationale. Près de 60% disposent d'une double
connexion en circonscription et à l'Assemblée
nationale.
Lobjet de cette enquête étant d'étudier
lusage dInternet dans le cadre du mandat
parlementaire, ces résultats ne sappliquent
pas nécessairement aux individus députés.
L'existence d'une connexion dans un cabinet parlementaire
nimplique pas que le député utilise
lui-même cette connexion ; lutilisation
de l'outil Internet peut ainsi être le seul fait
des collaborateurs du député.
Constatons néanmoins que si le lieu de connexion
reste très majoritairement lié à
lactivité parlementaire, 35% des répondants
indiquent posséder également une connexion
personnelle. Il sagit là dun taux
deux fois supérieur à la moyenne nationale
(estimation
CSA-TMO ; Mai 2001).
Quel taux global de connexion pour les députés
?
Au delà des participants à l'enquête,
comment estimer le taux de connexion des députés
?
Si nous n'avons pas fait de ce chiffre un enjeu de notre
étude pour les raisons de choix méthodologiques
précisées dans le chapitre consacré
à ce sujet, c'est parce qu'il paraît désormais
acquis que ce taux de raccordement au réseau
est proche de 100%.
Quels éléments nous permettent de corroborer
cette estimation ?
Deux éléments nous permettent de corroborer
cette estimation. En premier lieu, Le nombre d'adresses
électroniques figurant sur le site de l'Assemblée
nationale. En second lieu, les conditions d'équipements
informatiques des députés en début
de législature.
Le nombre d'adresses électroniques figurant
sur le site de l'Assemblée nationale
Au 1er Juillet 2001, 502 des 577 députés
présentaient une adresse électronique,
Si l'existence d'une adresse électronique ne
signifie pas que son propriétaire possède
une connexion, dans le cas des députés,
il semble peu probable que ceux-ci attendent de se connecter
dans un lieu public ou un cyber café pour consulter
les messages qui leur sont adressés !
Par ailleurs, lorsque l'on regarde la liste des députés
ne présentant pas d'adresse électronique
dans le trombinoscope de l'Assemblée nationale,
on trouve parmi eux bon nombre de députés
responsables nationaux de partis, (François Hollande,
Michèle Alliot-Marie, Robert Hue, Jean-Pierre
Chevènement, tous accessibles "électroniquement"
à partir du site web de leur parti), ou de personnalités
assez médiatiques (Jean Tiberi, Laurent Dominati,
Franck Borotra, etc.). On peut dès lors supposer
que l'absence d'adresse électronique résulte
d'un choix stratégique pour se préserver
d'un volume de courrier électronique trop important
plutôt que de l'absence véritable de connexion
à Internet.
Les conditions d'équipements informatique
au début de la législature
La seconde raison qui nous amène à juger
proche des 100% le taux de connexion des députés
tient aux conditions d'équipements informatique
au début de la législature.
Au début de la législature, en 1997, chaque
député a reçu une dotation informatique
de 100 000frs afin de séquiper en micro-informatique
et bureautique. Par ailleurs, à partir de 1997,
les distributeurs informatiques ont commencé
à systématiser loffre de modem avec
un nouveau PC, rendant d'autant plus facile la connexion
à Internet.
Dès lors que le budget le permettait et que les
acquisitions informatiques ont été, en
toute probabilité, conduites par les collaborateurs
parlementaires eux-mêmes, (le plus souvent âgés
entre 25 et 30 ans), on comprend que ceux-ci ne soient
pas passés à côté de l'occasion
de s'équiper en matériel multimédia.
Rappelons également que les offres commerciales
préférentielles dont ont fait l'objet
les députés[1] de la part de fournisseurs
d'accès tels que Wanadoo, Club-Internet et France
Explorer, ont pu contribuer à un taux de connexion
élevé des députés dès
1997.
Notons par ailleurs que le câblage de lensemble
des locaux de l'Assemblée nationale dès
le milieu de l'année 1999 a pu achevé
de convaincre les plus hésitants. Depuis cette
date, les députés disposent gratuitement
d'un accès haut débit dans leur bureau.
Les chiffres recueillis au cours de lenquête
semblent confirmer ces hypothèses. Pour un tiers
des répondants, le raccordement à Internet
remonte au début de la législature, en
1997. Un peu plus de la moitié dentre eux
se sont connectés entre 1998 et 1999. En 2000,
tous avaient accès au Réseau.
Dans ces conditions, et après quatre années
de législature, on peut raisonnablement estimer
que l'ensemble des députés est effectivement
connecté.
Les usages de l'outil Internet
Parmi les usages courants du Net, la consultation du
courrier électronique arrive largement en tête
des usages pour près de 60% des enquêtés.
La hiérarchie des usages :
1 / Courrier électronique
2 / Recherche documentaire
3 / Consultations de sites institutionnels
4 / Informations générales et actualités
5 / Animation d'un site propre.
Décliné dans le registre professionnel,
la hiérarchie des usages constatés ici
est somme toute comparable aux usages moyens d'Internet[2].
Ces résultats indiquent qu'Internet est désormais
intégré à l'outil de travail des
cabinets parlementaires.
Plusieurs témoignages d'assistants confirment
ce phénomène dintégration.
Le fait de disposer dune connexion en circonscription
et à l'Assemblée nationale (60% des répondants)
facilite ainsi la transmission des notes de travail
des collaborateurs et autres courriers soumis à
la signature du député.
Le volume de courriers électroniques adressés
aux députés
Sans surprise, la gestion du courrier électronique
arrive largement en tête des principaux usages
dInternet. Il est intéressant de constater
cependant que le volume quotidien demails reçus
par les députés reste sensiblement inférieur
au volume quotidien que reçoit un salarié
français[3], ce nombre est toutefois assez significatif
pour confirmer que la communication par mél fait
désormais partie de lunivers familier et
quotidien du travail parlementaire.
Ce volume très raisonnable indique quà
de rares exceptions, les députés français
sont pour le moment encore préservés des
campagnes de « spam lobbying »[4] qui aux
Etats-Unis ou en Grande-Bretagne submergent régulièrement
les boites méls des parlementaires.
Comment expliquer ce volume limité ?
Ce faible volume de courrier peut s'expliquer, du
moins en partie, par la faible visibilité de
l'adresse électronique des députés,
tant il est vrai que le nombre limité de sites
Internet (85 sur 577) ne facilite pas la médiatisation
de l'email du député.
En conclusion
Très majoritairement connectés, les députés
ont désormais intégré Internet
à leur univers de travail. Ils se servent quotidiennement
de leur messagerie électronique et du web comme
dun outil de recherche, de documentation et dinformation,
bref, ils font du net un usage très conventionnel,
semblable aux usages de lensemble des internautes.
Lire
la 2ème partie
[1] Témoignages recueillis auprès d'assistants
parlementaires en poste en 1997.
[2] Cf. une étude dIpsos « Internet
au bureau » (7 juin 2001)
[3] Selon une
étude du cabinet Pitney Bowes, publiée
dans le magazine lExpress le 30/11/2000, un salarié
français reçoit en moyenne 21 messages
électroniques par jour.
[4] Envoi de courriers électronique en grand
nombre destiné à attirer lattention
des élus sur un dossier particulier. Le spam
est un violation caractérisée de la netiquette.
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