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Photo de Ann Macintosh Netpolitique a interrogé

Ann MacIntosh, Professeur au Centre de Recherche de l’Université de Napier en Ecosse à propos de l'e-pétition parlementaire

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Les députés français et Internet :
Etat des lieux et perspectives.

Analyse des résultats

I / Internet, désormais intégré dans l'univers de travail des députés

II / Pour les députés, Internet n’est pas encore un outil de communication

III / Législatives de 2002 : horizon inconnu

I / Internet, désormais intégré dans l'univers de travail des députés

Qu'il s'agisse du raccordement au réseau, des courriers électroniques reçus et des usages qui peuvent en être fait les résultats de l'enquête indiquent un processus accéléré d'intégration d'Internet dans le répertoire d'outils de travail des députés.

La connexion à Internet

Contre toute attente, les députés sont largement en avance sur leurs concitoyens en matière de raccordement au Réseau. 100% des répondants à l’enquête possèdent une connexion à Internet dans le cadre de leur activité parlementaire. Qu'il s'agisse de leur bureau à l'Assemblée ou de leur permanence en circonscription (voire même d'une connexion personnelle à domicile) Internet semble désormais faire partie de l'univers bureautique à l'instar du téléphone ou du fax.

89% des répondants indiquent disposer d'une connexion dans leur permanence parlementaire en circonscription, 70% sont reliés dans leur bureau de l'Assemblée nationale. Près de 60% disposent d'une double connexion en circonscription et à l'Assemblée nationale.

L’objet de cette enquête étant d'étudier l’usage d’Internet dans le cadre du mandat parlementaire, ces résultats ne s’appliquent pas nécessairement aux individus députés. L'existence d'une connexion dans un cabinet parlementaire n’implique pas que le député utilise lui-même cette connexion ; l’utilisation de l'outil Internet peut ainsi être le seul fait des collaborateurs du député.

Constatons néanmoins que si le lieu de connexion reste très majoritairement lié à l’activité parlementaire, 35% des répondants indiquent posséder également une connexion personnelle. Il s’agit là d’un taux deux fois supérieur à la moyenne nationale (estimation CSA-TMO ; Mai 2001).

Quel taux global de connexion pour les députés ?

Au delà des participants à l'enquête, comment estimer le taux de connexion des députés ?

Si nous n'avons pas fait de ce chiffre un enjeu de notre étude pour les raisons de choix méthodologiques précisées dans le chapitre consacré à ce sujet, c'est parce qu'il paraît désormais acquis que ce taux de raccordement au réseau est proche de 100%.

Quels éléments nous permettent de corroborer cette estimation ?

Deux éléments nous permettent de corroborer cette estimation. En premier lieu, Le nombre d'adresses électroniques figurant sur le site de l'Assemblée nationale. En second lieu, les conditions d'équipements informatiques des députés en début de législature.

Le nombre d'adresses électroniques figurant sur le site de l'Assemblée nationale

Au 1er Juillet 2001, 502 des 577 députés présentaient une adresse électronique,

Si l'existence d'une adresse électronique ne signifie pas que son propriétaire possède une connexion, dans le cas des députés, il semble peu probable que ceux-ci attendent de se connecter dans un lieu public ou un cyber café pour consulter les messages qui leur sont adressés !

Par ailleurs, lorsque l'on regarde la liste des députés ne présentant pas d'adresse électronique dans le trombinoscope de l'Assemblée nationale, on trouve parmi eux bon nombre de députés responsables nationaux de partis, (François Hollande, Michèle Alliot-Marie, Robert Hue, Jean-Pierre Chevènement, tous accessibles "électroniquement" à partir du site web de leur parti), ou de personnalités assez médiatiques (Jean Tiberi, Laurent Dominati, Franck Borotra, etc.). On peut dès lors supposer que l'absence d'adresse électronique résulte d'un choix stratégique pour se préserver d'un volume de courrier électronique trop important plutôt que de l'absence véritable de connexion à Internet.

Les conditions d'équipements informatique au début de la législature

La seconde raison qui nous amène à juger proche des 100% le taux de connexion des députés tient aux conditions d'équipements informatique au début de la législature.

Au début de la législature, en 1997, chaque député a reçu une dotation informatique de 100 000frs afin de s’équiper en micro-informatique et bureautique. Par ailleurs, à partir de 1997, les distributeurs informatiques ont commencé à systématiser l’offre de modem avec un nouveau PC, rendant d'autant plus facile la connexion à Internet.

Dès lors que le budget le permettait et que les acquisitions informatiques ont été, en toute probabilité, conduites par les collaborateurs parlementaires eux-mêmes, (le plus souvent âgés entre 25 et 30 ans), on comprend que ceux-ci ne soient pas passés à côté de l'occasion de s'équiper en matériel multimédia.

Rappelons également que les offres commerciales préférentielles dont ont fait l'objet les députés[1] de la part de fournisseurs d'accès tels que Wanadoo, Club-Internet et France Explorer, ont pu contribuer à un taux de connexion élevé des députés dès 1997.

Notons par ailleurs que le câblage de l’ensemble des locaux de l'Assemblée nationale dès le milieu de l'année 1999 a pu achevé de convaincre les plus hésitants. Depuis cette date, les députés disposent gratuitement d'un accès haut débit dans leur bureau.

Les chiffres recueillis au cours de l’enquête semblent confirmer ces hypothèses. Pour un tiers des répondants, le raccordement à Internet remonte au début de la législature, en 1997. Un peu plus de la moitié d’entre eux se sont connectés entre 1998 et 1999. En 2000, tous avaient accès au Réseau.

Dans ces conditions, et après quatre années de législature, on peut raisonnablement estimer que l'ensemble des députés est effectivement connecté.

Les usages de l'outil Internet

Parmi les usages courants du Net, la consultation du courrier électronique arrive largement en tête des usages pour près de 60% des enquêtés.

La hiérarchie des usages :

1 / Courrier électronique

2 / Recherche documentaire

3 / Consultations de sites institutionnels

4 / Informations générales et actualités

5 / Animation d'un site propre.

Décliné dans le registre professionnel, la hiérarchie des usages constatés ici est somme toute comparable aux usages moyens d'Internet[2]. Ces résultats indiquent qu'Internet est désormais intégré à l'outil de travail des cabinets parlementaires.

Plusieurs témoignages d'assistants confirment ce phénomène d’intégration. Le fait de disposer d’une connexion en circonscription et à l'Assemblée nationale (60% des répondants) facilite ainsi la transmission des notes de travail des collaborateurs et autres courriers soumis à la signature du député.

Le volume de courriers électroniques adressés aux députés

Sans surprise, la gestion du courrier électronique arrive largement en tête des principaux usages d’Internet. Il est intéressant de constater cependant que le volume quotidien d’emails reçus par les députés reste sensiblement inférieur au volume quotidien que reçoit un salarié français[3], ce nombre est toutefois assez significatif pour confirmer que la communication par mél fait désormais partie de l’univers familier et quotidien du travail parlementaire.

Ce volume très raisonnable indique qu’à de rares exceptions, les députés français sont pour le moment encore préservés des campagnes de « spam lobbying »[4] qui aux Etats-Unis ou en Grande-Bretagne submergent régulièrement les boites méls des parlementaires.

Comment expliquer ce volume limité ?

Ce faible volume de courrier peut s'expliquer, du moins en partie, par la faible visibilité de l'adresse électronique des députés, tant il est vrai que le nombre limité de sites Internet (85 sur 577) ne facilite pas la médiatisation de l'email du député.

En conclusion…

Très majoritairement connectés, les députés ont désormais intégré Internet à leur univers de travail. Ils se servent quotidiennement de leur messagerie électronique et du web comme d’un outil de recherche, de documentation et d’information, bref, ils font du net un usage très conventionnel, semblable aux usages de l’ensemble des internautes.

 Lire la 2ème partie


[1] Témoignages recueillis auprès d'assistants parlementaires en poste en 1997.

[2] Cf. une étude d’Ipsos « Internet au bureau » (7 juin 2001)

[3] Selon une étude du cabinet Pitney Bowes, publiée dans le magazine l’Express le 30/11/2000, un salarié français reçoit en moyenne 21 messages électroniques par jour.

[4] Envoi de courriers électronique en grand nombre destiné à attirer l’attention des élus sur un dossier particulier. Le spam est un violation caractérisée de la netiquette.


 

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Sommaire de l'étude les députés et Internet

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