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Ann MacIntosh, Professeur au Centre de Recherche de l’Université de Napier en Ecosse à propos de l'e-pétition parlementaire

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L'interview de Jochum de Graaf
(décembre 2005)

Jochum de Graaf est Directeur de projet à l’Institut Néerlandais pour la participation politique. Il est charge du ‘Stemwijzer’, une application déjà utilisée par des millions d’électeurs Hollandais, Suisses, Bulgares et Allemands pour tester leur préférence politique et favoriser un vote informé. D’autres pays suivront en 2006, et pourquoi pas la France en 2007 ?

Netpolitique : “StemWijzer” , ou Vote-Match en anglais, a été créé aux Pays Bas, et a déjà été mis en application en Allemagne, en Suisse et en Bulgarie. Pourriez-vous nous parler des récents résultats de cette expérience -baptisée pour l’occasion “Wahl-O-Mat 2005”- dans un pays voisin, l’Allemagne ?

Jochum de Graaf : Le Wahl-O-Mat a été lancé le 26 août 2005 et a délivré 5,13 millions de recommandation à la date du scrutin (25 septembre), soit autant d’utilisateurs qui ont passé le test en ligne.


Netpolitique.net : Le système Vote-Match ressemble au premier coup d’oeil à un gadget, mais en effectuant le test, on se rend compte que les questions sont très élaborées. Comment procédez-vous pour developer le questionnaire mis en ligne ?

Jochum de Graaf : Le questionnaire du Wal-O-Mat, comme celui de tout questionnaire de vote basé sur la méthode StemWijzer, est développé au cours de deux séances de travail durant lesquelles un comité de rédaction formule une longue liste de thématiques qui est ensuite envoyée aux partis. Les partis répondent point par point à ces 50 ou 60 thématiques en fonction de leurs positions respectives. Sur la base de ces réponses et de critères statistiques objectifs, une liste finalisée de 25 ou 30 thématiques sera élaborée lors d’une seconde session de travail. Le test en lui-même est ensuite conçu sur la base de la méthode statistique dite du « city block », qui permet de corréler les réponses des utilisateurs avec la proposition politique la plus « proche ». Les profils des partis politiques (définis par leurs réponses concernant chaque thématique) sont comparés au profil de l’utilisateur et à ses choix ; le parti ayant la plus grande « proximité » idéologique avec l’utilisateur apparaîtra alors en première position de la liste des partis qui correspondent aux opinions de l’utilisateur.


Netpolitique.net
: Pensez-vous que cet outil a eu un impact significatif dans les pays où il a été proposé aux électeurs, en termes d’information politique, de participation, et même de décision de vote ?

Jochum de Graaf : StemWijzer et Wal-o-Mat font l’objet de recherches depuis plusieurs années. Voici les résultats les plus importants, issus des travaux de l’Université de Tiiburg au Pays-Bas et l’Université de Düsseldorf en Allemagne sur les élections européennes de 2004 (accessible sur cette page).
- Pour plus de deux tiers des répondants, les résultats individuels du test suscitent des discussions politiques avec les proches et les collègues, que ce soit à la maison ou sur le lieu de travail.
- Trois quart des utilisateurs ont obtenu un résultat correspondant à leur inclination politique : un tiers d’entre eux ont obtenu une recommandation directe pour le parti auquel ils appartiennent ou soutiennent, et le reste (entre 40 et 50%) ont obtenu une recommandation proche de leur famille politique.
- 5 à 10% des utilisateurs ont reconsidéré leur intention de vote à la suite du test.
- Près de 15% des utilisateurs qui n’avait pas l’intention de voter ont changé d’avis après avoir passé le test.

Ces résultats correspondent parfaitement à nos objectifs pédagogiques : stimuler la connaissance des différences et correspondances entre partis politiques et aider les électeurs à effectuer un choix informé lors des élections.

Netpolitique.net : Envisagez-vous de déployer cet outil dans d’autres pays ? Pourrait-il être adapté à la France ?

Jochum de Graaf : Nous recherchons d’autres pays intéressés par notre méthode. Actuellement, j’ai des contacts prometteurs en Ukraine, en Hongrie et au Mexique ; tous ces pays tiendront des élections en 2006. Au Japon, il y a un groupe de scientifiques qui travaillent à l’adaptation et l’utilisation de cet outil dans les années à venir. Mais pour notre institut (le Centre néerlandais pour la participation politique), l’essentiel se joue au niveau des Etats de l’Union européenne. Et donc oui bien sûr, la France serait parfaitement adaptée pour l’utilisation de ce « votomètre ». Je serais d’ailleurs très intéressé de rentrer en contact avec une organisation non partisane pour coopérer en vue des élections législatives de 2007 ou d’autres scrutins.


Netpolitique.net : Enfin, notre dernière question rituelle : quels sont vos trois sites/blogs favoris ?

Jochum de Graaf :

Le réseau d’action de la BBC dont le slogan est « changez le monde autour de vous » :
http://www.bbc.co.uk/dna/actionnetwork/

La page d’accueil de la version néerlandaise de Wikipedia à partir de laquelle vous pouvez aller partout dans le monde
http://nl.wikipedia.org/wiki/Hoofdpagina

Et à ex-aequo, Google Pays-Bas et Google Earth pour explorer le monde dans tous ses formats : cartes, image, textes, et plus encore


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