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Netpolitique : Jim Jordan, ex-directeur de campagne
de John Kerry, a un jour déclaré, alors
qu'il était confronté à la popularité
croissante d'Howard Dean dans la campagne des primaires
démocrates : " There isn't a single f***ing
vote to be had on
the internet! " (il n'y a aucune de putain de voix
à récupérer sur internet). Cette
réaction a le mérite de synthétiser
l'état d'esprit de nombreux politiques. Que leur
répondez-vous ?
Joe Trippi : Ils ne savent pas de quoi ils parlent
Ce genre d'attitudes contribue à maintenir le
parti démocrate dans l'obscurité lorsqu'il
s'agit d'internet. C'est pour cela que les Républicains
nous battent sur les radios (talk radio) et chaînes
indépendantes : ils saisissent beaucoup mieux
l'importance de ces nouvelles technologies et y investissent
d'énormes sommes d'argent.
De plus en plus de gens reçoivent les informations
politiques qui les intéressent par internet.
A mesure que progresse cette tendance, j'espère
qu'internet ne sera plus considéré comme
acquis. Les gars de Democrats.com en arrivent à
identifier des électeurs favorables via l'email.
C'est le futur ! Quiconque choisit de l'ignorer n'est
plus en phase avec la réalité et se retrouvera
vite à la porte.
Netpolitique.net : Vous décrivez dans
votre livre la façon dont vous avez utilisé
Internet pour créer une campagne " insurrectionnelle
". Ce modèle est-il limité à
des campagnes progressistes, en marge des " grands
partis " ou vous attendez-vous à le voir
se généraliser à tout le spectre
politique ?
Joe Trippi : Ce n'est pas la propriété
du mouvement progressiste, bien que cela soit susceptible
d'être plus efficace pour des partis qui ne sont
pas au pouvoir. Internet est un outil " de la base
vers le sommet " qui pose un challenge à
tous les candidats de premier plan et les partis politiques
qui gèrent habituellement leur campagne de haut
en bas, de manière très hiérarchique.
Cette mentalité ne peut pas fonctionner sur internet
et les gens sur le terrain savent lorsqu'on essaie d'abuser
d'eux. Ils veulent être réellement impliqués,
et pas seulement recevoir quelque chose venant de la
hiérarchie en place.
Netpolitique.net : Vous avez décrit la campagne
d'Howard Dean comme une campagne " open source
", par opposition à une approche traditionnelle,
(con-)descendante et étroitement contrôlée,
au sein de laquelle chacun peut participer pour commenter,
proposer et améliorer la campagne. Comme vous
le souligner, c'est un anathème pour la plupart
des professionnels de la politique. Si Howard Dean était
parvenu jusqu'à la Maison Blanche, aurait-il
pu gouverner de cette façon ?
Joe Trippi : Si le Gourverneur Dean avait remporté
la présidence, je crois qu'il y aurait un état
d'esprit différent à l'égard des
vrais gens. Quelques uns des meilleurs membres de notre
équipe de campagne venait de la base militante.
J'aimerais croire que le dialogue aurait continué
si nous étions parvenu aussi loin, et je pense
que cela aurait été le cas. Sous quelle
forme cependant, je ne saurais pas le dire.
Netpolitique.net : Etes-vous intéressé
par ce qui se passe également à l'étranger
? Avez-vous été consulté par des
partis ou des candidats en dehors des Etats-Unis, qui
souhaiteraient revoir leur stratégie internet
?
Joe Trippi : En règle général,
je ne parle pas de mes clients ou de mes contrats lorsqu'il
sont en cours, qu'ils soient aux Etats-Unis ou ailleurs.
Ce que je peux dire cependant, c'est que cette révolution
qui renverse la relation de la base au sommet n'est
pas limité à l'Amérique. Je suis
confiant que nous verrons des mouvements comparables
dans d'autres pays également et je ne serai pas
surpris qu'ils connaissent un plus grand succès
au fur et à mesure que la technologie progresse.
Netpolitique.net : Notre dernière question
rituelle : quels sont vos trois sites/blogs préférés
?
Joe Trippi : Bien entendu, je vous répondrai
joetrippi.com,
mon blog personnel, mais j'aime aussi consulter dailykos.com
et http://atrios.blogspot.com
qui sont tous deux de très bons exemples d'excellents
blogs progressistes, régulièrement mis
à jour autour desquels se sont constitués
des communautés de lecteurs.
Le
livre de Joe Trippi
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