Partagez votre Paname
Suivez l'actualité de la netpolitique. Abonnez-vous à la newsletter.


Powered by FeedBlitz

Données personnelles
  Voir les archives
 
Photo de Ann Macintosh Netpolitique a interrogé

Ann MacIntosh, Professeur au Centre de Recherche de l’Université de Napier en Ecosse à propos de l'e-pétition parlementaire

  Voir l'interview

  Voir toutes les interviews
AlloPass, le micro-paiement pour tous les Webmasters !
 
L'interview de Didier Heiderich
(juin 2004)

Spécialiste des crises médiatiques sur Internet, Didier Heiderich est l'auteur de "Rumeur sur Internet : comprendre, anticiper et gérer les cybercrises".

Netpolitique : Vous décrivez dans votre livre la mécanique de ce que vous appelez les cyber-crises. Si une cyber-crise reste cantonnée à Internet, pensez vous que les médias traditionnels, les chefs d’entreprise, ou les politiques peuvent prendre au sérieux une « crise virtuelle » qui –pour faire simple- ne passe pas au 20H ?

Didier Heiderich : Tout dépend de la nature de la crise, de sa profondeur et de sa typologie. Une cyber-crise peut être diversement appréciée selon que l’on soit un opérateur de communication, un industriel de l’agroalimentaire, ou un homme politique. Le premier sera plus sensible et généralement mieux préparé aux cyber-crises que les deux autres. Le problème est qu’une cyber-crise fondée sur des éléments sensibles et de nature à jeter le trouble transpirera tôt ou tard dans la sphère réelle. Il semble donc important de se soucier des cyber-crises dont les constituants trouvent des fondements, constituent une proie journalistique et concernent un sujet d’actualité. Dans tous les cas, une cyber-crise peut brouiller les cartes de la communication d’un parti politique, d’une entreprise ou d’une association : aujourd’hui, le net est une source primaire d’information pour les journalistes.

Netpolitique.net : Vous analysez dans votre livre « Rumeur sur Internet » quelques exemples d’ e-satire et de fausses rumeurs politiques mal intentionnées, parfois reprises par des médias nationaux. Faut-il craindre que le Net soit davantage utilisé, en politique, pour les coups bas que pour contribuer au débat politique ?

Didier Heiderich : Le propre d’Internet est de mixer les genres, de présenter un large spectre. En raison de la liberté offerte par le réseau, le corps social apparaît dans le cyberespace dans toute sa complexité et ses contradictions. Mais le champ politique est généralement passionné ce qui laisse plus de place aux invectives, fausses informations, coups bas et tentatives de manipulation qu’à l’analyse. Cependant, il serait mal venu de se limiter à cette vision négative du net. Internet permet à des revues numériques de qualité – comme netpolitique – d’exister et aux individus de s’exprimer. Cette expression n’est rien d’autre que le reflet, un peu brouillon, de notre société dans le cyberespace. Quels que soient les visages que peut prendre Internet, il est plus nécessaire d’en comprendre la nature que de l’apostropher. Peut-être est-ce un indicateur politique à prendre en considération au-delà des réponses très segmentées qu’apportent les sondages.

Netpolitique.net : Vous décrivez les forums comme des espaces « crisogènes » en puissance. Vous ne mentionnez en revanche pas les « weblogs » qui se développent énormément, et par nature permettent à des éditorialistes en herbe de commenter et ré-interpréter l’ information médiatique, en s’appuyant et en renvoyant sur d’autres weblogs et médias en ligne. Comment analysez-vous leur influence ?

Didier Heiderich : Les weblogs représentent une dimension du net qui s’avère véritablement intéressante. Si l’expression d’un individu dans un forum peut être spontanée et correspond à une partie de ping-pong , le weblog est une forme plus personnelle d’expression, plus proche de l’intime. Votre expression « ré-interpréter » est juste. Internet est par nature un immense réseau qui fonctionne par contributions successives, cooptation, « copier-coller », « copier-coller-déformer ». Les weblogs participent à cette reprise / modification / réinterprétation successive de l’information. Le problème en politique, c’est que ce n’est pas la réalité est "vérité", mais la perception de la réalité qui devient un fait. Internet contribue à la modification de la perception politique et même à la fixation de nouvelles normes. Le volume médiatique des weblogs est potentiellement immense et des convergences répétées vers les mêmes propos sont forcément le signe d’un mouvement d’opinion. Je dois vous avouer une certaine affection pour les weblogs qui sont autant de bouteilles jetées à la mer par nos concitoyens. Lorsqu’ils sont profondément humains, la politique et l’expression sur internet se rejoignent, pour le meilleur comme pour le pire.

Netpolitique.net : Enfin, la question rituelle de nos interviews : quels sont vos trois sites favoris ?


Didier Heiderich :

C’est idiot, mais google reste de loin le site web que j’utilise le plus.
Sinon, le site web du Monde reste une source d’information privilégiée.
Enfin, les sites web des universités et des universitaires restent une source inépuisable d’informations et de découverte.

   Favoris   Contact   Rechercher
Copyright Netpolitique tous droits réservés 2000-2002.  Crédits
Le blog de Netpolitique, suivez l'actualité au jour le jour
L'annuaire de la netpolitique, l'annuaire politique, public et syndical.
Les communiqués et les news de la netpolitique
Humour, e-satire : découvrez les phénomènes et les sites politiques

Le livre du mois

Les Blogs
de
Benoit
Desavoye

 Détails

Découvrez l'étude Netpolitique.net sur l'usage d'Internet par les députés français en 2001
Le meilleur site du mois sélectionné par Netpolitique