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Netpolitique : Selon votre définition
des 'smart mobs', les technologies de communication
mobile qui existent aujourd'hui donnent un nouveau pouvoir
d'organisation aux individus à des fins d'action
collective. Pensez-vous que cela aura un impact à
terme sur le rôle et l'utilité des partis
politiques et des organisations syndicales?
Howard Rheingold : C'est effectivement un mauvais
signe pour les partis et autres groupes d'intérêts
qui ne savent pas utiliser ces technologies 'smart mobs'
pour mobiliser et coordonner les actions de lobbying,
les tactiques électorales et les manifestations.
Je suis d'ailleurs inquiet de la vitesse à laquelle
les technologies disruptives, s'appuyant sur le modèle
mobile de la communication 'peer-to-peer' [d'individu
à individu], infiltrent les processus électoraux
partout dans le monde. Je suis inquiet car lorsque les
comportements évoluent plus rapidement que les
institutions, les institutions sociales peuvent craquer
sous la pression.
Netpolitique.net : De Londres à Manille,
de Seattle à Séoul, nous avons vu des
exemples du pouvoir considérable de ces "foules
intelligentes". De toute évidence il s'agit
là de quelques chose qui peut inquiéter
certaines gouvernements, notamment dans des pays comme
la Chine par exemple, où les autorités
ont imposé des contrôles stricts sur l'utilisation
d'Internet sur le territoire national. Au risque de
faire de la politique-fiction, pensez-vous que l'on
puisse imaginer une version "smart mob" des
évènements de Tien an Men par exemple?
Howard Rheingold : Les dictateurs qui
utilisent les techniques modernes de désinformation
et utilisent les moyens modernes de communication efficacement
peuvent apprendre à contrer les tactiques des
"foules intelligentes". La plupart d'entre
eux ont probablement lu 'Netwar'
à présent. Néanmoins, cela signifie
que si d'autres forces issues de la société
civile peuvent mobiliser un nombre suffisamment important
d'individus " technologiquement compétents
" pour prendre part à une action collective,
les coûts liés à la répression
de telles forces dépassent les capacités
d'un appareil de contrôle centralisé.
Il est aisé pour une dictature de faire arrêter
des opposants qui se réunissent sur une place
publique - sauf si bien sûr les autorités
changent de bord. Il est beaucoup plus difficile de
contrôler 10 000 manifestations qui apparaissent
spontanément, à l'insu de la police, alors
que des milliers de manifestants se regroupent et se
dispersent, coordonnés par des réseaux
de communication 'peer-to-peer'.
Netpolitique.net : Dernière question traditionnelle
de nos entretiens : Howard Rheingold quels sont vos
trois sites favoris?
Howard Rheingold : J'utilise Google.com
plus de cent fois par jour et je jette un oeil à
www.boingboing.net
au moins une douzaine de fois par jour. Lorsque que
j'en ai besoin, www.burningman.org
qui représente ma communauté virtuelle/zone
autonome/environnement favori de 'smart mobs'.
Quelques références sur le weblog d'Howard
Rheingold (Smartmobs.com) :
http://www.smartmobs.com/archives/000490.html#000490
élections au Kenya
http://www.smartmobs.com/archives/000494.html#000494
élections koréennes
http://www.smartmobs.com/archives/000497.html#000497
élections américaines
http://www.smartmobs.com/archives/000601.html
élections en Hongrie
http://www.smartmobs.com/archives/000596.html
Mobile lobbying: my forecast
Ainsi que
Les Philippines à la pointe de l'activisme en
ligne : http://www.netpolitique.net/php/newsletter/newsletter06.php3
Le SMS à l'assaut de Westminster :
http://www.netpolitique.net/php/articles/tradejustice.php3
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