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Netpolitique : Dans votre étude, vous
avez insisté sur le rôle important et
soudain- joué par les nouveaux médias
entre les deux tours de l élection. Que
sest-il passé exactement?
Endre Danyi : Avant le premier tour des élections
hongroises (7 avril 2002), des calembours politiques
circulaient via SMS, quelques partis politiques ont
utilisé des messages SMS pour appeler leurs supporters
à se rendre à des manifestations et des
messages politiques y compris des poèmes-
ont circulé ainsi.
Cependant, ce sont les résultats très
serrés du premier tour qui ont conduit à
lutilisation de moyens personnels de communication
électronique en tant qu armes politiques.
Lors du premier tour, le parti dopposition (le
parti socialiste hongrois) et leurs alliés ont
obtenu 51% des voix, contre 49% pour le parti conservateur
au pouvoir (Fidesz Alliance des jeunes démocrates).
Etant donné la situation, le parti au pouvoir
a dû changer de stratégie et sest
lancé dans une campagne extrêmement négative.
Des millions de prospectus et posters anonymes ont répandu
des pseudo-arguments et des calomnies sur les socialistes.
Sur Internet, les mêmes messages négatifs
étaient répandus via les SMS et lemail
par des militants de droite. Les sympathisants socialistes
ont répliqué avec des millions de contre-SMS
et emails.
Dans notre étude , nous avons qualifié
ce spam politique de marketing politique viral puisquil
se répandait de manière virale. Nous avons
utilisé ce terme pour montrer que le concept
de marketing viral utilisé en marketing peut
aussi sappliquer aux campagnes politiques.
Netpolitique.net : Dans votre analyse des outils
interactifs, vous insistez particulièrement sur
le rôle joué par le mail et le SMS, notamment
ce que vous appelez des « SMS daction »
[« Action SMS »]. De quoi sagit-il
? Sont-ils efficaces ?
Endre Danyi : Nous avons différencié
3 types majeurs de messages électroniques de
campagne : messages de propagande, messages humoristiques
ou satiriques et messages daction.
Ces trois types de messages ont circulé en très
grande quantité. Le trafic SMS a augmenté
de près de 20% entre les deux tours des élections
(7 et 21 avril 2002) !
Les messages daction ont servis doutil de
mobilisation pour les manifestations publiques et les
meetings politiques. Et ils ont eu un impact ! Quelques
heures ont suffit pour assembler une foule de quatre
à cinq mille personnes sur une place. Les SMS
dactions ont aussi contribué à la
mobilisation dénormes rassemblements de
plusieurs centaines de milliers de personnes. Entre
les deux tours des élections, tous les partis
ont utilisé des SMS daction pour la mobilisation
politique.
Netpolitique.net : Vous avez écrit que
le développement des applications de communication
interactive sont « une mauvaise nouvelle »
pour les partis politiques. Pourquoi cela ?
Endre Danyi : Bien avant le premier tour des
élections, il y avait plusieurs signes indiquant
que les nouvelles technologies de linformation
et de la communication allaient devenir des outils intéressants
de la panoplie de campagne.
Parmi les 6 ou 7 plus importants partis, 4 avaient complètement
refait leur site web, ajouté du contenu, de toutes
nouvelles applications
etc. Ils avaient semble-t-il
dépensé dimportantes sommes dargent
pour cela.
Durant la campagne cependant, les sites de partis et
le contenu fourni nétaient que des substituts
de matériaux de campagne déjà connus
et utilisé offline (brochures, tracts, lettres
dinformation). Ils ne représentaient rien
de vraiment nouveau ; le poids mis sur linteraction
nétait pas vraiment significatif.
Puis, dun seul coup, les applications de communication
peer-to-peer ont occupé le devant de la scène.
De toute évidence, ces messages envoyés
par email et SMS représentaient un flux dinformation
ascendant, en provenance directe de la population. Ces
messages étaient incontrôlables. Les experts
dans chaque parti ne savait pas comment réagir
par rapport à ce phénomène. Ils
essayent toujours de comprendre dailleurs.
Nous avons aussi la preuve que les spécialistes
de la communication dans chaque parti créent
des messages qui sont distribués aux militants.
En dautres termes, le marketing politique viral
est partiellement créé par les états-majors
de partis, mais ce sont les militants et les sympathisants
qui ensuite jouent un rôle clé dans la
distribution de ces messages et la création de
variantes. Les partis ne peuvent pas contrôler
intégralement le domaine de la politique virale
qui représente une variable très incertaine.
Netpolitique.net : Pour conclure, et selon notre
question habituelle, quels sont vos trois sites favoris
?
Endre Danyi:
http://www.osa.ceu.hu/kampanyarchiv/english.html
(archives de la campagne),
http://logosonline.home.igc.org/
http://firstmonday.org/index.html
et un site humoristique en bonus : http://members.surfeu.fi/kklaine/primebear.html.
Létude « Viral Political Marketing
: M-Politics in the Making » est disponible en
ligne : http://web.axelero.hu/aja/SukosdDanyi.PDF
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