Partagez votre Paname
Suivez l'actualité de la netpolitique. Abonnez-vous à la newsletter.


Powered by FeedBlitz

Données personnelles
  Voir les archives
 
Photo de Ann Macintosh Netpolitique a interrogé

Ann MacIntosh, Professeur au Centre de Recherche de l’Université de Napier en Ecosse à propos de l'e-pétition parlementaire

  Voir l'interview

  Voir toutes les interviews
AlloPass, le micro-paiement pour tous les Webmasters !
 
L'interview de Gilles Lamarque (octobre 2001)

Gilles Lamarque est l'auteur d'un ouvrage intitulé« Le lobbying », paru aux Presses Universitaires de France. Il répond ànos questions sur l'impact d'Internet sur la pratique du lobbying.
Netpolitique : On a beaucoup écrit au sujet des campagnes électorales sur Internet, de la démocratie électronique, des mobilisations politiques qui usent (et abusent parfois) du Réseau. Le lobbying, qui se situe à la confluence de ces phénomènes, n’échappe pas non plus à l’influence d’Internet. Vous parlez d’ailleurs de "cyber-lobbying" dans un article intitulé « Les lobbies à l’heure d’Internet ». Comment analysez-vous l’impact du Net sur la pratique du lobbying ?

G.Lamarque : L’impact varie considérablement suivant le type d’acteurs : entreprises, associations professionnelles ou ONG. C’est pour les ONG que l’impact est certainement le plus important, et ce pour au moins deux raisons liées à la nature même d’Internet :

- Internet facilite les contacts (entre ONG et entre les ONG et leurs membres)

- Son coût est très réduit. Le coût d’un site s’analyse comme des coûts fixes, maîtrisables et qui peuvent être modulés en fonction des ressources du groupe de pression. Quant aux coût des envois, qui s’analysent comme des coûts marginaux, ils sont quasi-nuls. Or, c’est l’élément le plus important par rapport aux mailings traditionnels dont le coût total est beaucoup plus élevé (coût initial multiplié par le nombre d’envois). Ce qu’offre internet, c’est cette capacité à alerter l’opinion, les adhérents, la presse et, naturellement les décideurs publics, sans une forte logistique.

Parmi les ONG, l’outil internet parait le plus adapté à celles dont les démarches sont les plus spectaculaires. Plus les campagnes reposent sur la diffusion d’images, plus le media est utile. Dans le domaine d’un lobbying à base de notes argumentaires, la valeur ajoutée du media est plus faible, sinon dérisoire. Internet n’est pas condamné mais l’outil devient alors plus secondaire.

Netpolitique.net : Quand on pense au lobbying -même au cyber lobbying- on pense plutôt à Bruxelles et Washington qu’à Seattle et Porto Allegre. Pourquoi estimez-vous que les campagnes de mobilisation contre l’Organisation Mondiale du Commerce ont marqué une étape importante dans la jeune histoire du lobbying "on-line" ?

G.Lamarque :Il y a, tout comme en toute chose lorsque l’on étudie les rapports humains, une dimension géographique, pour ne pas dire culturelle, à prendre en compte. C’est un fait, il y a des sociétés et des cultures plus ouvertes à l’utilisation du lobbying que d’autres. Par exemple, contrairement à ce qui se passe à Washington, la médiatisation autour des campagnes de lobbying est sans doute plus faible en Europe.

En ce qui concerne les campagnes contre l’OMC, j’y vois davantage une concomitance entre l’irruption d’Internet et de ces événements qu’une relation de cause à effet. D’autres événements internationaux auraient sans doute pu créer le même phénomène. Il n’y a pas besoin de beaucoup chercher pour expliquer ce succès. Ceci nous renvoie à cette faculté de trait d’union qu’offre internet que j’évoquais tout à l’heure.

Sur l’OMC toujours, ce qui me frappe le plus ce sont les adaptations de cette institution depuis les événements de Seattle à ce que l’on appelle la société civile. L’OMC est aujourd’hui une organisation pionnière en matière de communication en ligne. Son site affiche toutes les contributions reçues sur les discussions en cours au sein de l’OMC. Cette organisation est aujourd’hui très en avance en terme de transparence et de perméabilité des réactions par rapport à la société civile.

Netpolitique.net : Comment réagissent les lobbies plus "traditionnels" par rapport à cette évolution ?

G.Lamarque : Il n’y a pas de lobbies « traditionnels ». Il y a des acteurs économiques dont le lobbying n’est pas la raison d’être mais qui peuvent être conduits à en faire. Est-ce de ceux-ci dont il s’agit ? Si oui, il est exact que les entreprises peuvent être conduites à faire du lobbying pour influencer l’adoption d’une réglementation ou être pro-actives et souhaiter combler des vides de la réglementation. Or, c’est un fait qu’elle n’utilisent pas ou peu le média Internet dans ce but.

En pratique, le lobbying se limite généralement à un dialogue entreprises/pouvoirs publics, directement ou indirectement, par le biais de leur association professionnelle par exemple. Depuis longtemps, les entreprises ont conclu que la meilleure efficacité est d’avoir un dialogue sincère - et donc non ébruité - plutôt qu’ostentatoire et, il faut le dire, vite déformé par le prisme des médias. Il n’y a aucune perversion dans ce schéma. Simplement, reconnaissons que la technicité des sujets et des discussions se prête mal à leur médiatisation.

Mais il existe une autre facette du lobbying à laquelle on ne pense que rarement : la communication interne, la relation vis-à-vis du demandeur, de l’adhérent. Je dirais bien client mais le terme est équivoque. Ici la Toile à toute sa place : les réseaux intranets des entreprise, pour informer l’interne sur l’évolution de l’environnement réglementaire de l’entreprise, et les extranet qui jouent un rôle de plus en important dans la relation entre l’entreprise et leurs associations professionnelles et autres chambres syndicales. L’apport d’internet : l’accès à l’information en temps réel, les moteurs de recherche, les bases documentaires, le courrier électronique entre experts est ici considérable.

Netpolitique.net : De plus en plus de mouvements, issus de la société civile, se servent également d’Internet pour s’organiser et interpeller publiquement ces mêmes entreprises. Je pense notamment à des campagnes de protestation et de mobilisation comme jeboycottedanone.com ou contre certains grands groupes pétroliers. Les entreprises n’ont-elles pas intérêt à tirer les mêmes leçons que l’OMC et jouer la carte de la transparence, anticiper les réactions de l’opinion publique et développer leur communication « corporate » sur Internet ?

G.Lamarque : On tombe ici dans un des travers, mais je concède qu’il est largement répandu, de mettre le lobbying, passez-moi l’expression, à toutes les sauces. Pour qu’il y ait lobbying, il faut qu’il y ait, en tout cas dans l’acception traditionnelle : un groupe, une démarche d’influence et, in fine, une réglementation.

De tous temps, les phénomènes de communication de crise, avec ce qu’ils ont d’irrationnels, ont tendance à déborder les services de communication. Internet n’y fait rien et n’offre pas plus de remède que les outils traditionnels. En ce qui concerne ces guérillas conduites sur internet et autres campagnes de dénigrement, je crois que leur effet est très largement sur estimé. Quant aux entreprises, il y a longtemps qu’elles ont entrepris des réflexions sur la manière de nouer les meilleures relations avec leurs publics externes (les « stakeholders »), plutôt qu’avec les seuls marchés financiers (les « shareholders ») mais il est vrai que dans un grand nombre de cas, ces efforts de transparence ne sont pas ou en tout cas pas encore récompensés.

Netpolitique.net : Enfin la question rituelle de nos interviews : Gilles Lamarque, quels sont vos trois sites web préférés ?

G.Lamarque : La valeur informative des sites est faible pour les entreprises qui sont structurées dans le secteur des affaires publiques. Comme je vous l’ai dit les sites qui ont pour moi le plus de valeur sont surtout des extranets. J’ai cependant un faible pour quelques sites européens :

- Euractiv : www.euractiv.com
- netguide : http://netguide.coleurop.be/
- Europa : http://europa.eu.int/

Sans oublier pour connaitre l’état de la circulation Sytadin , www.sytadin.tm.fr/ car je suis souvent pressé !

Gilles Lamarque peut-être contacté à l’adresse suivante : GillesLAMARQUE@aol.com




   Favoris   Contact   Rechercher
Copyright Netpolitique tous droits réservés 2000-2002.  Crédits
Le blog de Netpolitique, suivez l'actualité au jour le jour
L'annuaire de la netpolitique, l'annuaire politique, public et syndical.
Les communiqués et les news de la netpolitique
Humour, e-satire : découvrez les phénomènes et les sites politiques

Le livre du mois

Les Blogs
de
Benoit
Desavoye

 Détails

Découvrez l'étude Netpolitique.net sur l'usage d'Internet par les députés français en 2001
Le meilleur site du mois sélectionné par Netpolitique