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Netpolitique : "2000 : Lannée
de la netpolitique" ? Les cyniques affirment que
les belles promesses que lon a faites sur le rôle
du Net dans cette élection nont pas été
tenues. Les cyber-enthousiastes de leur côté
affirment que le Net a déjà profondément
affecté la politique et les campagnes électorales.
A présent que la campagne présidentielle
est (presque) finie, quelles leçons sur le rôle
et limpact du Net en campagne peut-on tirer ?
M. Cornfield : Première leçon :
le rôle joué par le courrier électronique
est plus important que davoir un site web, et
lemail de citoyen à citoyen a plus dimpact
quun email du candidat au citoyen.
Deuxième leçon, je soupçonne le
Net dêtre mieux adapté à ce
que jappelle la "micro-politique" :
la mobilisation de quelques personnes pour des taches
très précises. Lexemple-type est
la campagne du Sénateur McCain (Republicain-Arizona)
qui a lancé [avec succès] un appel online
(via email et bannières) en Décembre 1999
afin de rassembler les 10 000 signatures nécessaires
pour participer au scrutin des primaires de lEtat
de Virginie.
Troisièmement, léchange de votes
et le suivi des résultats tout au long de la
dernière semaine de la campagne mérite
lattention. Je ne sais pas exactement ce quil
faut en conclure, mais il semble quil y ait une
tendance importante du genre du phénomène
Napster.
Quatrième leçon enfin, le Net fonctionne
bien pour tout ce qui est recherche dinformations,
communiques de presse, et infrastructure. En revanche,
cela ne semble pas fonctionner pour la persuasion et
le dialogue.
Conclusion, ce fut une année dexpérimentation
et de découverte, mais pas dinfluence pour
la netpolitique.
Netpolitique.net : Projetons-nous dans lavenir
: que pensez-vous que les politiques et les stratèges
politiques auront retenus de cette élection,
en préparation de la prochaine ?
M. Cornfield : Les politiques, en particulier
les élus et les "lobbyistes" sont fascinés
par le Net, mais ils restent tout de même sceptiques.
Pour les convaincre, les consultants en stratégie
de communication Internet doivent être plus modestes
dans leurs promesses de succès (pour éviter
de décevoir par la suite) et développer
les méthodes de mesure du succès dune
campagne, car les statistiques sur le nombre de visites
dun site web ne prouvent absolument rien.
Netpolitique.net : Depuis le jour du scrutin
et le début de la saga du recompte en Floride,
on a vu se propager une quantité de sites web,
de pétitions électroniques et de-mailings
venant de citoyens et de groupes de citoyens essayant
dinfluencer le processus ou simplement exprimant
leur frustration. On avait observé un phénomène
quelque peu similaire lors de limpeachment du
Président Clinton. Considérez-vous ces
"bouffées dactivisme" une nouvelle
tendance structurelle de la participation démocratique
américaine ?
M. Cornfield : Pas vraiment. Je pense que cela
montre que les gens répondent aux grands événements
médiatique avec les moyens de communication à
leur disposition, dont le Net fait désormais
partie. Mais quand lévénement en
question ne fait plus la une des médias, les
gens restent, dans lensemble, en retrait de la
vie publique et de lactivisme politique.
Netpolitique.net : Le rôle important joué
par le Net dans cette élection a été
largement couvert par les médias, aux Etats-Unis
et ailleurs. Comme cest souvent le cas dans le
domaine du consulting politique international, les tactiques
de campagne américaines tendent à "inspirer"
dautres pays. Pensez-vous que le Net aura un impact
sur la politique et les campagnes politiques sud-américaines
ou européennes par exemple, de la même
façon quaux Etats-Unis ?
M. Cornfield : Non, car les taux de pénétration
du Net dans ces pays sont à la traîne.
Je mattend en revanche à ce que le Net
produise un impact en politique internationale, via
les décisions de lUnion Européenne,
les protestations contre des institutions du type du
FMI et de la Banque Mondiale et comme moyen de communication
pour les peuples opprimes ou en proie a la guerre civile.
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