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10 pronostics pour la net-campagne
de 2002 en France.
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| A la veille d'une année électorale
chargée en France, les pronostics sur les
tactiques des candidats et des partis vont
bon train. En marge de la campagne traditionnelle,
la campagne en ligne sera sans doute la principale
singularité de cette élection. L'équipe de
Netpolitique a donc souhaité vous livrer ses
pronostics sur la campagne en ligne |
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des présidentielleset des législatives.
Certains de ces pronostics se basent sur lobservation
dexemples étrangers et lanalyse des
tendances observées lors de scrutins antérieurs.
Dautres sont plus empiriques, mais méritent
néanmoins de figurer dans cette liste. Il ne sagit
donc pas tant dune étude prospective que
dune série dhypothèses, qui
pour la plupart se vérifieront probablement au
cours de cette « net-campagne ».
1) Nous verrons apparaître au moins un site d'échange
de votes.
Le phénomène du vote stratégique (cf. Netpolitique Newsletter
de novembre 2000 « du Peer-to-Peer (P2P) au Voter-to-voter
») développé aux Etats-Unis et repris en Grande-Bretagne,
pourrait se développer dans les semaines précédant le
scrutin des Présidentielles, permettant notamment aux
« petits » candidats de développer des stratégies de «
troc » de votes pour atteindre la barre des 5% de suffrages
(nécessaire au remboursement des frais de campagne) ou
tout simplement maximiser le score du premier tour. On
peut également supposer que la récente suspension de l’interdiction
de publication de sondages une semaine avant le vote pourrait
favoriser ces échanges stratégiques dans les jours précédant
le scrutin.
2) Internet prendra de vitesse la télévision pour
la diffusion des résultats.
Alors que les chaînes de télévision sont tenues d'attendre
20h pour proclamer le vainqueur, il est probable que les
premiers résultats provisoires « sortis des urnes » commenceront
à circuler très rapidement sur le Net avant l’annonce
officielle.
3) La collecte des dons destinés à soutenir la campagne
d’un candidat sera facilitée par Internet.
Bien que le niveau des dons financiers destinés à soutenir
un candidat soit traditionnellement faible et que les
Français restent assez méfiants à l’égard des procédés
de paiements en ligne, on peut tout à fait envisager qu’une
part non-négligeable des dons proviendront directement
(formulaire de paiement sécurisé) ou indirectement (formulaire
de don imprimable, email de sollicitation envoyé aux supporters)
du site du candidat. En simplifiant la transaction, ce
type d’équipement favoriserait ainsi l’acte du don en
ligne.
Il sera par ailleurs tout à fait possible de voir certains
candidats promouvoir cette option dans leur matériel offline
et leurs interventions publiques. On se souvient qu’en
1995 P. de Villiers avait utilisé –avec succès- le support
TV pour solliciter des contributions financières pour
rembourser ses dettes de campagne. Aujourd’hui, il semble
plus aisé de diffuser une adresse web pour faire un don
en ligne plutôt qu’un numéro de compte en banque pour
solliciter un virement bancaire comme l'avait fait le
candidat malheureux. 4) Rumeurs et fausses informations
circulant par email visant à discréditer les candidats
vont se multiplier tout au long de la campagne, allant
jusqu'a alimenter les chroniques des médias traditionnels.
La récente rumeur, relayée par des médias en ligne et
des listes de diffusion, sur la mise en ligne supposée
d'un site web attaquant Jacques Chirac sur son âge en
est un bon exemple.
5) Apparition de sites de comparaison des programmes
des différents candidats à la fois pour les élections
présidentielles et législatives. Thierry Vedel et ses
étudiants de Sciences-Po avaient été les premiers à tenter
une expérience de ce genre en France l'an dernier lors
de la campagne des Municipales. A l'étranger, les Canadiens
nous avaient fourni un bel exemple d'un site permettant
automatiquement une comparaison croisée des programmes
électoraux.
6) Développement de la satire politique en ligne.
Les usages politiques du web, tels qu’on a pu les observer
dans les principales démocraties, montrent qu’Internet
a toutes les chances d’être, en France en 2002 comme hier
en Italie (cf. "Berlusconi et la satire en ligne"), en
Grande Bretagne et l’an passé aux Etats-Unis, un terreau
propice à la parodie et à la satire politique.
Lorsque l’on voit la large diffusion virale qui peut être
faite des textes, images, photos et affiches détournées
à chaque événement d’envergure nationale ou internationale
(à l’heure actuelle, Ben Laden, hier en France, le boycott
de Danone), on comprend l’intérêt stratégique de ce vecteur
de communication dans le cadre électoral. Un sondage de
Democracy Online avait montré la part importante des contenus
humoristiques reçus ou consultés durant la campagne des
présidentielles américaines (54% des internautes américains
déclaraient avoir envoyé ou reçu des emails humoristiques
à propos des candidats ou de l’élection).
En 2000 aux Etats-Unis lors de la campagne présidentielle,
comme en Grande-Bretagne lors des dernières élections
législatives, les sites satiriques connurent une fréquentation
bien supérieure à celle des sites officiels des partis
et des candidats.
7) Les sites de campagne feront l'objet de piratage.
Dans une campagne électorale, il n’est pas rare que les
opérations de collage d’affiches s’accompagnent également
de l’arrachage des affiches de l’adversaire. Etant donné
le faible niveau de sécurité de certains sites de candidats
(nous ne dirons pas lesquels), il ne serait pas surprenant
que de manière analogue certains candidats soient victimes
d’actes de vandalisme électronique.
8) Il y aura au moins un cas de spam à caractère
politique
De manière générale, le spam (courrier électronique non
sollicité) est une technique très séduisante, et peu onéreuse
pour les marketeurs peu scrupuleux et les candidats peu
respectueux de la netiquette. Les réactions, parfois très
agressives, des destinataires involontaires du spam suffisent
en général à dissuader les candidats-spammeurs de renouveller
l’expérience.
9) Un candidat parviendra à collecter plus de 30.000
adresses électroniques.
La constitution d’une base de données conséquente devrait
être l’un des principaux objectifs de la stratégie de
« net-campagne » des candidats. Elle permet de garder
le contact et de communiquer aisément et gratuitement
avec ses lecteurs et supporters internautes. Si le Réseau
des réseaux permet une chose c’est bien la constitution
de ... réseaux.
10) Le SMS sera mis à contribution pour les activités
militantes et les mobilisations ponctuelles.
Le parti travailliste britannique avaient en effet utilisé
le SMS pour relayer des informations de dernière minute
et mobiliser ses militants à la veille du scrutin. L’opération
avait connu un succès très mitigé mais ne manquera sans
doute pas d’inspirer d’autres stratèges politiques. |
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