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"net-politics as usual"
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20/02/2004
Nouveaux médias, vieilles tactiques
Alors qu'Howard Dean, dont la campagne fut
largement remarquée pour son ingénieuse
utilisation du Net, vient de jeter l'éponge,
le Net se révèle paradoxalement
de plus en plus présent dans la campagne
des présidentielles américaines.
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Récapitulons les derniers rebondissements.
Les républicains, s'inquiétant de la popularité
grandissante du sénateur John Kerry, l'adversaire
présumé de George W Bush, décident
de répondre aux attaques en règles du candidat
démocrate par une série de contre-attaques
en ligne.
Première salve : la semaine dernière, l'équipe
de campagne de Bush envoie un spot vidéo par email
à plus de 6 millions d'internautes. Le spot multimédia,
premier d'une longue série de "negative ads",
imite le format d'un navigateur internet, visiblement
utilisé par un internaute à la recherche
d'informations sur le "vrai" John Kerry. Efficace
et destructeur, le spot en profite pour montrer plusieurs
sites qui mettent en cause l'intégrité de
l'adversaire démocrate.
Deuxième salve,une rumeur portant sur une vague
liaison de John Kerry avec une jeune stagiaire est opportunément
publiée sur Drudgereport.com, cette même
feuille de chou électronique qui avait la première
révélé l'existence d'une certaine
Monica Lewinsky. La ficelle est grosse mais ça
passe et toute la presse relaie la rumeur. John Kerry
est mis sur la défensive et tout son temps d'antenne
est aujourd'hui consacré à répondre
à cette nouvelle rumeur scabreuse dont les médias
raffolent. Gary Hart, candidat démocrate à
l'investiture en 1988 avait succombé à la
tempête médiatique déchainée
par une affaire similaire.
MoveOn.org, le cyber-mouvement devenu la bête noire
des républicains, jette entre temps ses forces
dans la bataille et appelle ses militants à demander
la "censure" du Président Bush par le
Congrès pour avoir menti sur les armes de destructions
massives en Irak. Une fois encore l'histoire se répète;
MoveOn avait été créé à
l'époque de l'affaire Lewinsky pour demander la
même sanction à l'encontre du Président
Clinton ("Censure and Move On" était
alors le credo, devenu par la suite le nom du mouvement).
Joe Trippi, l'ex-directeur de campagne d'Howard Dean avait
assurément raison de déclarer la semaine
dernière au congrès Digital Democracy que
cette net-campagne n'était pas le fait du seul
candidat Dean, mais représentait la manifestation
d'une révolution technologique, d'un arsenal qui
permettra de remporter la bataille électorale.
Il semblerait en tout cas que les bonnes vieilles combines
en la matière s'accomodent volontiers de ces nouveaux
outils. |
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