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Ann MacIntosh, Professeur au Centre de Recherche de l’Université de Napier en Ecosse à propos de l'e-pétition parlementaire

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Un tiers des internautes intéressé par la net-campagne des présidentielles.
Dans la seconde partie du mois de décembre 2001, un sondage réalisé par l’institut CSA-TMO pour le groupe Serveur, censé mesurer l’importance accordée par les citoyens aux Nouvelles Technologies et à l’outil Internet durant la campagne électorale, a fait couler beaucoup d’encre, une encre assez monochrome il est vrai.
Un seul chiffre a retenu l’attention des rédactions : « 83 % des Français n’ont pas l’intention de consulter les sites des différents candidats à l’élection présidentielle ». Livré soit avec ironie à l’encontre de candidat prêchant dans un e-désert soit avec indignation devant la faible pratique du web et l’utilisation marginale de ses ressources par les Français, ce chiffre cru est passé également pour une confirmation de la médiocrité des sites de la campagne présidentielle, incapables de susciter l’enthousiasme des foules ni même la curiosité citoyenne. Et toujours le même chiffre, le même constat, le même angle : seuls 17% des Français ont l’intention de consulter les sites de la net-campagne présidentielle… Netpolitique et l’Observatoire de la net-campagne ont décortiqué les lignes intermédiaires des résultats.

Sans doute l’audience et l’influence des sites de campagne seront-elles relativement faibles, mais il convient d’apporter quelques poids sur l’autre plateau de la balance :

1) Alors que selon les estimations les plus optimistes cf. chiffres Médiametrie (1) seul un cinquième de la population française disposerait d’un accès a Internet, il est assez remarquable de relever que près de 17% des Français en âge de voter déclarent avoir l’intention de consulter les sites des candidats à l’élection présidentielle. A titre de comparaison, quel candidat ne s’estimerait pas heureux d’obtenir ne serait-ce que 10% d’audience à l’occasion de la diffusion de ses spots télévisés qui font d’ordinaire fuir les téléspectateurs-zappeurs ?

2) Lorsque l’on pose la même question aux seuls internautes de cet échantillon représentatif, ils sont plus du tiers (35%) à indiquer leur intention de consulter ces sites. Dès lors que la plupart des candidats ont fait d’importants efforts pour être présents sur la Toile durant la campagne, ce segment largement méconnu et sous-estimé de l’électorat ne manquera certainement pas d’éveiller la convoitise des stratèges et des spécialistes de la communication politique.

3) Quid de l’influence du contenu des sites sur les intentions de vote ? : Le sondage indique, dans ses résultats globaux, que 21% des Français interrogés prendront en compte les informations et les argumentations que livrent les sites de campagne, avant de décider de leur vote. Ce résultat, en lui-même, si on le compare au pourcentage de Français dont l’orientation (ou l’indifférence) électorale ne serait pas ébranlée par une série de débats politique à la télévision en prime time, s’avère un satisfecit pour la netpolitique. En resserrant d’un cran le ciblage et en ne considérant que la population internaute qui comptent visiter les sites, on apprend que 51% de ces cybercitoyens répondent que cette visite pourrait influencer leur choix de vote.

Loin d’être défaitistes, ces résultats paraissent au contraire très, voire trop encourageants, à tel point qu’il apparaît important d’y apporter quelques nuances :

Sans préjuger des méthodes de l’institut CSA-TMO, le versant positif de certains de ces résultats a pu être surévalué. La mode d’Internet, l’impératif de la conscience citoyenne qui reste vivace (dans le verbe et devant le micro d’un sondeur) même en période de désenchantement de la politique, la gêne que pourraient éprouver les personnes en avouant qu'elles ne vont jamais sur Internet, la tendance à donner une réponse socialement et culturellement valorisée, expliqueraient que les sondés aient hâtivement déclaré qu'ils n’excluaient pas de prêter attention aux sites de campagne ni d’étayer leur réflexion sur les éléments récoltés.

Enfin, et c’est une nuance qui s’appliquent à tous les sondages électoraux, il ne s’agit à ce stade que de déclarations d’intention par rapport à une campagne qui n’a pas encore réellement démarré.

A la suite de ces constats contrariant le scepticisme qui gouverne les commentaires sur l'utilisation d'Internet dans le débat politique et dans la net-campagne, des conclusions nouvelles méritent d’être avancées :


- Les internautes sont-ils plus « indécis » que la moyenne des Français, plus enclins à changer la nature de leur vote si le contenu d'un site les convainc ? Si 51% des internautes qui comptent visiter des sites de campagne estiment que cette visite jouera un rôle dans leur choix électoral, l’enjeu de la net-campagne, dans une élection qui peut se jouer à quelques centaines de milliers de voix, est loin d’être négligeable.

- Enfin, pour remonter le moral des webmasters que le verdict des 17% aurait pu accabler, soulignons qu’au travers des actions et des opérations médiatiques que les candidats peuvent mener autour de leur stratégie Internet (inauguration du site, communiqués de presse sur une évolution du site révélatrice de l’investissement du candidat dans les NTIC, événementiels pour mettre en scène le débat interactif avec les citoyens, références à un point fort du site lors d’une interview télévisée, etc.), la net-campagne dépasse largement le cercle étroit du public internaute. La moindre innovation de la campagne en ligne donne lieu à des articles et à des reportages qui contribuent à la médiatisation du candidat et à la construction de son image auprès de l’électeur, qu’il soit connecté ou non.

Cette nouvelle lecture, qui montre finalement la grande disponibilité des internautes à l’égard des candidats actifs sur le web, invite les aspirants à l'Elysée et leurs équipes à développer la dimension numérique de leur campagne. Les sites et les contenus déjà en ligne présentent des qualités indéniables. Gageons que, l’expérience aidant, ils s'adapteront mieux aux attentes des internautes... et sauront les susciter.

François Freby, fondateur de l'Observatoire de la Net-Campagne
Stanislas Magniant et Jean-Philippe Clément,
membres-fondateurs de Netpolitique.net

1. Cf. statistiques sur le Journal du Net

2. Fiche technique : Sondage exclusif CSA / GROUPE SERVEUR réalisé par téléphone les 11 et 12 décembre 2001 auprès d'un échantillon national représentatif de 1000 personnes âgées de 18 ans et plus, constitué d'après la méthode des quotas (sexe, âge, profession du chef de ménage), après stratification par région et taille d’agglomération. Tous les sondages publiés par l’Institut CSA sont disponibles sur le site du Groupe CSA-TMO : www.csa-tmo.fr

3. C’est-à-dire quelqu’un qui a utilisé Internet dans les 30 jours précédant l’étude.





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