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MoveOn cultive les paradoxes et ne cesse de surprendre
; simple lobby virtuel, il dispose pourtant d'une force
de frappe bien réelle, revendiquant plus de 2,5
millions d'adhérents et un trésor de guerre
de plusieurs dizaines de millions de dollars. Mieux
que quiconque auparavant, ils ont su démontré
qu'internet n'était pas un média d'appoint
de la campagne en marge du " plan de com' "
mais véritablement le système nerveux
d'une campagne répercutée à la
TV, dans les journaux et jusqu'au porte à porte.
MoveOn a ainsi réalisé l'improbable fusion
des tactiques traditionnelles de communication électorale
et de la stratégie de guerilla d'un mouvement
militant en ligne. Chaque mot d'ordre, envoyé
par email aux adhérents, se traduit à
présent par un afflux d'adhésions et de
contributions qui permettent à MoveOn de diffuser
massivement ses spots anti-Bush dans les fameux "
swing states " (Etats clés pouvant basculer
dans l'un ou l'autre camps), comme ils l'ont fait avant
le discours sur l'état de l'Union ou pendant
la Convention républicaine.
La technique éculée du barrage médiatique
n'est pas nouvelle en soi ; l'innovation se situe en
amont. La dernière campagne de spots montre ainsi
à l'écran une série d'entretiens
avec des citoyens ordinaires, contactés via un
appel à témoignage envoyé aux adhérents
et relayé par email. Ces spots montrant des républicains
repentis sont aussi sobres qu'efficaces. Réalisés
par des volontaires et des cinéastes accomplis,
cette campagne a été plébiscitée
par les membres de MoveOn qui ont ainsi pu voter pour
les meilleurs d'entre eux avant diffusion.
Derrière cet amateurisme de façade cependant,
MoveOn sait s'entourer de professionnels de la politique.
Dans un email récent à ses membres, MoveOn
a ainsi très ouvertement expliqué sa méthode
: les thèmes traités, choisis parmi les
sujets de prédilection des membres de l'organisation,
sont testés par des consultants (Zimmerman &
Markman, Greenberg Research), diffusés dans quelques
régions tests (MoveOn rejette la méthode
des focus groups) avant d'être étendus
à d'autres.
MoveOn rend ainsi régulièrement compte
à ses adhérents de l'impact de ces spots,
en publiant les variations d'intentions de vote mesurées
avant et après la campagne de spots, comparant
comme il se doit les résultats par rapport à
un échantillon témoin. Cynisme de la communication
politique moderne ? Peu importe, MoveOn est idéaliste
dans ses convictions, transparents dans ses intentions
et pragmatique dans ses actions : une combinaison terriblement
efficace qui en fait aujourd'hui la bête noire
des républicains.
http://www.moveon.org
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