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Quelles pistes suivre pour la version 2 de l’Open Data en France ? (Partie 2)

TweetDans la première partie de ce billet, nous avons tenter d’expliquer ce qu’était l’Open Data et quel pouvait être le premier bilan des projets en France. Pour tracer la route de la version 2 de l’Open Data en France, il est nécessaire d’être au clair avec les petits, grands et surtout les faux débats qui

Comment les britanniques appliquent le crowdsourcing à la réduction des déficits

L’heure est aux économies et à la chasse est au gaspi. L’Etat est à la diette, et les ministres au pain sec. Outre-manche, même punition, avec un plan d’économie drastique présenté par le Gouvernement Cameron qui ferait passer François Fillon pour un noceur. Internet est également mis à contribution, non pas pour ponctionner les fournisseurs de contenus (#net-neutrality) mais pour faciliter et optimiser un processus d’audit qu’aucun cabinet conseil ne serait en mesure de fournir.

Inspiré par le programme SAVE de l’Administration américaine, David Cameron vient de lancer le « Spending Challenge ». Ce site, destiné dans un premier temps aux fonctionnaires, avant d’être ouvert au public à partir du 8 juillet, est un appel aux suggestions des serviteurs de l’Etat qui mieux que personne savent où se nichent les inefficiences.
Certes, les fonctionnaires détestent, comme tout le monde, voir leurs budgets et leurs effectifs réduits, mais c’est de toute façon ce qui va se passer, donc autant guider la main qui tient le scalpel…
Voici la traduction de l’appel solennel du Premier ministre britannique :
« Le « Challenge des Dépenses » est votre chance d’influencer le fonctionnement de l’Etat, et de nous aider à faire mieux avec moins alors que nous cherchons à réduire nos déficits.
Ce challenge est ouvert dans un premier temps aux employés du secteur public.
Cette semaine, le minsitère du Budget a annoncé un objectif de réduction des dépenses de 25% de la plupart des administrations pour les 4 prochaines années.
A présent, nous faisons appel à vous pour dénicher ces opportunités d’économies afin de réduire la dépense publique de manière équitable et responsable. Vous êtes en première ligne du service public. Vous savez ce qui fonctionne bien, là où il y a du gâchis, et là où nous pouvons re-considérer les choses pour fournir un meilleur service à moindre coût. »
Procédé intéressant et plus ingénieux qu’il n’y paraît : les suggestions sont anonymes et ne sont pas rendues publiques, afin qu’elles soient d’abord examinées par les services compétents. En s’abstenant d’ouvrir un système façon « digg-like » ouvert à tous, l’initiative aurait privilégié la transparence, voire la communication, à l’efficacité du système. Une plate-forme ouverte d’emblée aux fonctionnaires et aux poujadistes, aux experts de la comptabilité publique et aux membres de contribuables associés aurait très vraisemblablement implosé en quelques jours. En l’espèce, le système privilégie la recherche de l’efficience à la transparence, du moins dans sa première itération.
Cependant, en termes de transparence, le Gouvernement britannique n’a de leçon à recevoir de personnes. Le ministère des finances a ainsi rejoint le mouvement croissant de l’open data (données ouvertes), en donnant accès depuis le mois de juin à toutes le données budgétaires (sauf les éléments secret-défense) pour les trois dernières années, soit un fichier de plus de 3,5 million de lignes et plusieurs gigas de données bruts. Aussi austère que cela puisse paraître, cette initiative a été saluée par tous les médias et les tenants de la net-gouvernance, favorables par nature à un Etat plus transparent et ‘accountable’ (responsable devant les citoyens).
Sur la politique des données ouvertes, NKM et François Fillon l’ont promis, ils y travaillent. Sur l’idée d’appliquer le « Challenge des Dépenses » à l’Etat français, on trouvera certainement –malheureusement- une foule de bonnes raisons pour dire que c’est une mauvaise idée. Sauf surprise, il est peu probable qu’une telle initiative vienne d’emblée de l’Etat. Les avantages paraissent pourtant nombreux :
implication des fonctionnaires dans l’optimisation budgétaire du service public alors qu’ils en sont souvent les victimes non-consentantes
détection d’opportunité d’économies et de gains d’efficience qui n’apparaissent pas dans les tableaux de chiffres des comptes publics
remontées d’idées concrètes et d’autant plus applicables qu’elles sont « issues d’en bas » et non édictées « dans haut ».
A défaut, peut on espérer alors que la Cour des Comptes, ou bien la Commission des finances, de l’économie générale et du contrôle budgétaire auront l’ingéniosité de mettre en place cette idée ? Considérez ce billet comme une invitation à leur endroit.